Test – Crysis 3

Il fut un temps où Crysis était le tueur de PC, le config-killer, celui qui allait faire chialer votre portefeuille comme un gamin à qui on vole son goûter. Mais l’eau a coulé sous les ponts et Crytek est devenu une entreprise reconnue pour son moteur (le CryEngine), pour ses jeux et pour sa croissance. Alors qu’il s’intéresse désormais au free-to-play et au jeu mobile, le studio allemand s’est ouvert au marché console. Et oui, il faut bien faire rentrer l’argent, et le marché PC est loin d’être le plus lucratif. Alors depuis Crysis 2 et le CryEngine 3, c’est terminé le pétage de rétine. Certes, Crysis 3 est beau, il est même magnifique, mais mon PC vieux de 2 ans n’a aucun mal à le faire tourner. Certains parleront d’optimisation, mais trêve de mauvaise fois, nous sommes bien là face à une évidence, les consoles brident le PC.

Crysis 3

T’es beau mais pas trop

Crysis 3

C’est sur ce constat un brin alarmiste que je me lance dans l’aventure Crysis 3. Bon alors pas de panique, on reste tout de même face à un cador de la catégorie “j’en mets plein la vue”. Les textures des personnages et des armes sont fines, les temps de chargement très courts, les effets de lumière donnent lieu à des tableaux somptueux et le tout est très bien servi par une mise en scène digne d’un film d’action hollywoodien.

Mais voilà, le bond graphique reste moindre (environnements clos, tesselation trop discrète et physique quasiment inutile). Côté interface, rien de bien folichon, on reste dans du très classique. On notera que l’utilisation d’une arme Ceph fait buguer l’affichage sous prétexte d’incompatibilité avec la nanosuit (l’armure) de manière volontaire bien évidemment. Ce n’est pas grand chose mais ce sont les détails qui font les bons jeux… Alors ok, le jeu n’est pas aussi ahurissant qu’on l’aurait souhaité, qu’à cela ne tienne, les plus beaux jeux ne sont pas forcément les meilleurs, voyons un peu ce que Prophet a dans le ventre.

Tu es déjà mort mais tu ne le sais pas encore

La mise en scène parlons-en justement. Si l’un des défaut de Crysis 3 reste ce qui à été le plus reproché à son prédécesseur, à savoir sa linéarité, cela permet au moins à Crytek d’exploiter des mouvements de caméra très réussis. Il faut noter que cette dernière reste presque exclusivement à l’intérieur du casque de Prophet mais petit à petit les musiques dignes d’un Hans Zimmer en rut couplées à un jeu d’acteur correct (en VO comme en VF) vous permettront, à défaut de vous identifier au héros, d’entrer dans le jeu et de ne pas en ressortir jusqu’à sa conclusion. Pour un jeu d’action comme celui-ci, c’est loin d’être la norme…

Crysis 3

Coté scénario on est dans du Transformers, du Spiderman, du The Avengers… posez votre cerveau, les extraterrestres viennent nous défoncer, une entreprise militaire privée veut en profiter pour s’en mettre plein les poches et vous allez tous leur rappeler qui casse des gueules ici. C’est simple et efficace, avec juste ce qu’il faut de rebondissements et de complexité pour qu’on veuille en savoir plus. L’histoire n’est clairement pas le point fort de Crysis 3 mais ce n’est pas non plus un navet indigeste et les fans de la séries auront leur dose de fanservice. En bref le cahier des charges est rempli. On regrettera sans doute que tout soit prévisible à 50 km mais ce n’est pas très important, les quelques touches d’humour bienvenues sont là pour nous le faire oublier. C’est donc après une intro épique que l’on se jette corps et âme dans 6h de FPS pur et dur, 3h pour embrocher les soldats du CELL et le reste pour expulser les Ceph de nos terres saintes. C’est court, très court, trop court… Carton rouge.

Alerte aux gogoles les enfants !

Crysis 3

Pour ceux qui n’auraient pas suivi, dans Crysis vous contrôlez un bourrin dans une armure technologiquement avancée qui lui permet d’être plus puissant, plus résistant, plus rapide, plus précis et enfin de devenir invisible. Tout cela est limité par une jauge d’énergie dans laquelle puise chacune de ces facultés surpuissantes. Le but est donc de se frayer un chemin en force à travers les lignes ennemies en se mettant régulièrement à couvert le temps que votre armure se recharge. Dans les faits c’est un peu différent puisque l’invisibilité est complètement fumée ! Normalement, vous êtes repéré dès que vous tirez la moindre balle, vous obligeant à user de vos autres pouvoirs pour survivre dans un gunfight survolté. Mais le cadeau bonux de ce nouvel opus c’est le super arc magique-rétractable-electrocuteur-explosif-silencieux qui vous permet ni plus ni moins de tuer votre adversaire d’un coup et de rester invisible. Alerte aux gogoles ! A vous les brochettes d’ennemis stupides qui courent à leur perte en cherchant l’invisible fourbe que vous êtes.

Ça pourrait paraître fun dit comme ça mais au final c’est légèrement redondant. Alors on pourrait compter sur les passages en véhicules pour apporter une touche de fraicheur bienvenue mais que nenni, ces passages sont chiants comme la mort. que ce soit dans une jeep blindée de missiles ou dans un hélicoptère à mitrailleuses, on est à la limite du rail shooter sans intérêt. Le schéma de base reste donc le suivant : avance, devient invisible, tue deux bougres, récupère de l’énergie, recommence, et si tu es dans un véhicule, tire sur tout ce qui bouge.

Allez ! Donne tout ce que t’as pas !

Crysis 3

Certes je caricature un peu et Crysis 3 n’est pas si mauvais, mais on en est quand même pas loin. Et au cas ou vous ne seriez pas encore assez puissant, ne vous inquiétez pas, vous pouvez bien sûr améliorer votre armure au fil du jeu en récupérant des kits d’améliorations. Ces kits se trouvent, comme les munitions, dispersés aux quatre coins de la map, dans des endroits où ils n’ont à priori rien à foutre mais ce n’est pas grave nous sommes dans un jeu vidéo et c’est bien connu, les munitions poussent dans les arbres et au fond des grottes. Ces améliorations donc, vous permettent de faire moins de bruit, de recharger ou de courir plus vite, d’être invisible plus longtemps, etc, mais vous ne pouvez en équiper que 4 à la fois (parce que sinon vous pourriez tuer les ennemis par votre seule présence divine). Allez j’arrête d’être mauvaise langue, ce système est finalement plutôt sympa d’autant que vous pouvez créer des sélection d’améliorations que vous pourrez changer à la volée pour adapter vos capacités à la situation et utiliser les upgrades les plus appropriées. Même tarif pour les armes qui sont légèrement customisables afin d’en améliorer la précision, ou de les rendre silencieuses par exemple.

Pour ce qui est du multijoueur seul le mode hunter opposant quelques fourbes invisibles munis d’arc à une horde de gibier malchanceux est intéressant. Sachez simplement que les modes de jeux sont classiques mais que les maps sont bien construites. Un doute subsiste quant à l’intérêt de pouvoir devenir invisible en multijoueur… Plus frustrant qu’amusant à priori.

En conclusion

Crysis 3

Au final Crysis 3 est au jeux vidéo ce que les films d’action sont au cinéma et il faut savoir le savourer pour ce qu’il est. Dans ses pantoufles de gros jeu d’action survolté et scripté servi par des musiques et une mise en scène digne d’un film de Michael Bay, le titre de Crytek fait le taf et il le fait bien, du moins sur PC. On regrettera une durée de vie bien trop courte et le combo Arc/Invisibilité parfaitement WTF, mais il vaut tout de même le détour… sur PC seulement !
Vous êtes surpuissant… …ce qui rend le jeu trop facile
Très beau sur PC Intelligence artificielle stupide
La mise en scène Moins de 6h de jeu !
Les doublages (surtout la VO) Le boss de fin sans intérêt

13/20

Test réalisé sur PC : I7 2600K, Nvidia GTX 580 et 8Go de mémoire vive

Source

Publié par Jérôme

Je suis passionné par toutes les nouvelles technologies et par pas mal d'autres choses, mais en général il faut que ça bouge! Tout ce qui est extrême me fascine (Autos, Motos, Sports, etc.). Bien plus qu'une passion, un style de vie que j'ai le plaisir de vous faire partager.

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